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Violences conjugales : un titre de séjour qui vous protège

Si vous subissez des violences de votre conjoint, partenaire ou ex-compagnon, la loi française vous protège même sans papiers. L'article L. 425-6 du CESEDA garantit une carte de séjour « vie privée et familiale » d'un an, de plein droit, à toute personne étrangère bénéficiant d'une ordonnance de protection — et cette carte est gratuite, exonérée de taxes. Votre sécurité passe avant tout dossier : appelez le 17 en cas de danger immédiat, le 3919 pour être conseillée. Rien ne vous oblige à rester : partir, porter plainte et demander protection ne détruit pas votre droit au séjour — au contraire.

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Que faire en urgence si vous êtes en danger ?

Réponse directe : mettez-vous à l'abri d'abord, les papiers ensuite. Tous ces dispositifs sont gratuits et accessibles quelle que soit votre situation administrative :

  1. Danger immédiat : appelez le 17 (police) ou le 112Par SMS au 114 si vous ne pouvez pas parler. La police doit intervenir pour vous protéger, quelle que soit votre situation de séjour.
  2. Écoute et orientation : le 3919 (Violences Femmes Info)Appel gratuit et anonyme, 24 h/24 et 7 j/7, avec interprètes possibles. Un tchat existe aussi sur arretonslesviolences.gouv.fr. Le 3919 vous oriente vers les associations près de chez vous.
  3. Hébergement : le 115 et les associations spécialiséesLe 115 (urgence sociale) et les structures d'accueil pour femmes victimes de violences hébergent sans condition de titre de séjour. Ne restez pas au domicile par peur de perdre une adresse : voir nos solutions de domiciliation administrative.
  4. Déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerieLes policiers ont l'obligation d'enregistrer votre plainte (article 15-3 du code de procédure pénale). Faites constater vos blessures aux urgences médico-judiciaires (certificat médical avec ITT).
  5. Demandez une ordonnance de protection au juge aux affaires familialesDélivrée en 6 jours maximum à compter de la fixation de la date d'audience, sans qu'une plainte préalable soit obligatoire. Depuis la loi du 13 juin 2024, une ordonnance provisoire de protection immédiate peut même être rendue en 24 heures à la demande du procureur.

Quel titre de séjour avec une ordonnance de protection (article L. 425-6) ?

Réponse directe : une carte de séjour temporaire « vie privée et familiale » d'un an, délivrée de plein droit et « dans les plus brefs délais ». L'article L. 425-6 du CESEDA l'impose au préfet dès lors que vous bénéficiez d'une ordonnance de protection rendue par le juge aux affaires familiales (article 515-9 du code civil) en raison de violences exercées au sein du couple ou par un ancien conjoint, partenaire de PACS ou concubin. Aucun visa de long séjour n'est exigé (la condition de l'article L. 412-1 est écartée) : le fait d'être en situation irrégulière au moment de la demande n'est pas un obstacle. Ce n'est pas une admission exceptionnelle laissée à l'appréciation du préfet : c'est un droit.

Le renouvellement est lui aussi protégé : la carte est renouvelée de plein droit tant que l'ordonnance de protection produit ses effets et, si vous avez porté plainte contre l'auteur, pendant toute la durée de la procédure pénale, même après l'expiration de l'ordonnance. En cas de condamnation définitive de l'auteur, l'article L. 425-8 prévoit la délivrance d'une carte de résident de dix ans. L'article L. 425-7 étend la même protection aux personnes menacées de mariage forcé sous ordonnance de protection (article 515-13 du code civil). Conservez précieusement l'ordonnance, les récépissés de plainte et les certificats médicaux : ce sont les pièces centrales du dossier préfecture.

Mariée à un Français ou venue par regroupement familial : quels droits ?

Réponse directe : les violences rendent la rupture de la vie commune non opposable — vous ne perdez pas votre titre en quittant un conjoint violent. Pour le conjoint de Français, l'article L. 423-5 du CESEDA interdit au préfet de retirer le titre et l'oblige à le renouveler lorsque la vie commune a été rompue à cause de violences conjugales ou familiales. Mieux : si les violences ont commencé après votre arrivée en France mais avant la première délivrance de la carte, celle-ci doit quand même vous être délivrée. Notre page conjoint de Français sans papiers détaille l'ensemble de cette voie.

La même logique protège la personne venue par regroupement familial dont le titre dépend de celui du conjoint violent (article L. 423-18 du CESEDA) : pas de retrait, renouvellement accordé. Et si vous n'entrez dans aucun de ces cadres — union libre sans ordonnance de protection, par exemple — tout n'est pas fermé : les violences subies, attestées par plaintes, certificats et suivis d'association, constituent des considérations humanitaires que le préfet examine dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour « vie privée et familiale ». Vos autres droits fondamentaux (soins, hébergement, justice) restent ouverts, comme l'explique notre guide des droits des sans-papiers en France.

Quelle protection selon votre situation ?

Réponse directe : le fondement juridique dépend de votre situation conjugale et des décisions déjà obtenues :

Votre situationFondement CESEDATitre délivré
Ordonnance de protection du juge aux affaires familialesArticle L. 425-6Carte « vie privée et familiale » 1 an, de plein droit, gratuite, renouvelée pendant la procédure pénale
Menace de mariage forcé avec ordonnance de protectionArticle L. 425-7Carte « vie privée et familiale » 1 an, dans les mêmes conditions
Condamnation définitive de l'auteur des violencesArticle L. 425-8Carte de résident de 10 ans
Conjointe de Français, vie commune rompue par les violencesArticle L. 423-5Maintien et renouvellement du titre « conjoint de Français »
Venue par regroupement familial, violences du conjointArticle L. 423-18Pas de retrait, renouvellement du titre accordé
Aucun de ces cas (union libre sans ordonnance, etc.)Article L. 435-1 (AES, discrétionnaire)Examen humanitaire du dossier : plaintes, certificats, attestations d'associations

Fondements vérifiés sur Légifrance le 13 juillet 2026. Les cartes délivrées aux victimes de violences conjugales sont exonérées de taxes et de droit de timbre, exonération maintenue par la loi de finances pour 2026.

Porter plainte vous met-il en danger administratif ?

Comment reconstruire votre autonomie, notamment par le travail ?

Beaucoup de victimes sont des femmes qui travaillent — souvent dans l'aide à domicile, le ménage ou la garde d'enfants — et dont l'agresseur contrôle les revenus ou menace de « faire annuler les papiers ». Sachez-le : votre employeur n'a aucun rôle dans votre titre de séjour fondé sur les violences, et votre carte « vie privée et familiale » autorise à travailler chez l'employeur de votre choix. Les métiers de l'aide à domicile figurent d'ailleurs dans les 13 régions de l'arrêté du 21 mai 2025 sur les métiers en tension — notre page régularisation dans l'aide à domicile détaille ce secteur et ses preuves d'activité.

Le retour à l'emploi est souvent la clé de l'indépendance après le départ. Créez votre profil OuiJob — 100 % gratuit pour la candidate comme pour tout candidat (article L5321-3 du Code du travail), voir notre accompagnement gratuit — et postulez aux offres en métiers en tension : une promesse d'embauche conditionnelle peut compléter un dossier, et votre profil est prêt le jour où votre titre est délivré. Pour suivre l'évolution des délais de délivrance en préfecture (objectif 55 jours fixé par l'instruction Nuñez du 5 avril 2026), consultez le hub circulaire Nuñez 2026. OuiJob ne promet jamais un titre de séjour : seuls le juge et le préfet décident.

Questions fréquentes

Que faire en urgence en cas de violences conjugales sans papiers ?
Appelez le 17 en danger immédiat (114 par SMS), le 3919 pour être écoutée et orientée — gratuit, anonyme, 24 h/24 — et le 115 pour un hébergement d'urgence. Tous ces dispositifs sont accessibles sans titre de séjour. Portez plainte : l'enregistrement ne peut pas vous être refusé.
Quel titre de séjour avec une ordonnance de protection ?
Une carte « vie privée et familiale » d'un an, délivrée de plein droit et dans les plus brefs délais (article L. 425-6 du CESEDA), sans condition de visa. Elle est renouvelée tant que l'ordonnance produit ses effets et, en cas de plainte, pendant toute la procédure pénale.
Mariée à un Français, puis-je perdre mon titre en quittant un mari violent ?
Non. L'article L. 423-5 du CESEDA rend la rupture de vie commune non opposable en cas de violences : le préfet ne peut pas retirer le titre et doit le renouveler. Si les violences ont précédé la première carte, celle-ci doit quand même être délivrée.
Quelle protection selon ma situation conjugale ?
Ordonnance de protection : carte VPF de plein droit (L. 425-6). Condamnation définitive de l'auteur : carte de résident de 10 ans (L. 425-8). Conjointe de Français ou regroupement familial : maintien et renouvellement du titre (L. 423-5, L. 423-18). Sinon : examen humanitaire discrétionnaire (L. 435-1).
Porter plainte est-il risqué quand on est sans papiers ?
La plainte est un droit que l'agent doit enregistrer (article 15-3 du code de procédure pénale), et elle fonde la protection de votre séjour. La prudence porte ailleurs : hors ordonnance de protection, la régularisation reste discrétionnaire et un refus d'AES s'accompagne en principe d'une OQTF — faites-vous accompagner.
Le titre de séjour pour violences conjugales est-il payant ?
Non : les cartes délivrées aux victimes de violences conjugales sont exonérées de taxes et de droit de timbre, exonération expressément maintenue par la loi de finances pour 2026 malgré la hausse générale des taxes au 1er mai 2026 (350 € en primo-délivrance pour les autres titres).

Sources & transparence

Page mise à jour le 13 juillet 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.