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Travailler en France depuis l'Algérie : le guide pratique 2026

L'Algérie est le seul pays du Maghreb dont les ressortissants sont régis en France par un accord bilatéral spécifique — l'accord du 27 décembre 1968, toujours en vigueur en 2026. Ce statut particulier change la nature du titre de séjour délivré (certificat de résidence et non titre CESEDA), les conditions d'accès au marché du travail et la procédure consulaire. Ce guide explique ce que cela implique concrètement.

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Travailler en France depuis l’Algérie — soudeur en atelier de métallurgie

Statut particulier des Algériens : l'accord du 27 décembre 1968

Ce que l'accord 1968 change concrètement

Pour un Algérien qui souhaite travailler en France, l'accord 1968 modifie plusieurs paramètres clés par rapport à la procédure CESEDA standard que suivent par exemple les Marocains et les Tunisiens.

Le titre de séjour délivré n'est pas un titre CESEDA mais un « certificat de résidence algérien » (CRA), avec des règles d'attribution, de durée et de renouvellement spécifiques. Trois CRA principaux existent : le CRA 1 an « salarié » (équivalent du VLS-TS), le CRA 10 ans (équivalent de la carte de résident — accordé après 3 ans de présence régulière dans certains cas), et le CRA 1 an « vie privée et familiale ».

L'autorisation de travail reste obligatoire pour le CRA 1 an « salarié » et suit la procédure DREETS. Point essentiel et souvent mal compris : parce que leur séjour est régi exclusivement par l'accord 1968, les Algériens n'ont pas accès au titre de séjour dédié « métiers en tension » que le CESEDA ouvre aux autres nationalités. La régularisation par le travail (art. L.435-4 du CESEDA, issu de la loi du 26 janvier 2024) peut toutefois s'appliquer à un Algérien à l'appréciation de la préfecture — c'est une voie distincte, à ne pas confondre avec le titre « métiers en tension ».

L'exemption du « test civique » instauré par la loi Contrôler l'immigration et améliorer l'intégration (CIAI) entrée en vigueur en janvier 2026 : les Algériens en sont exemptés au titre de l'accord 1968, contrairement aux ressortissants des autres pays soumis au CESEDA.

Les secteurs qui recrutent — vu côté Algérien

Les Algériens n'accèdent pas au titre de séjour dédié « métiers en tension » (leur séjour relève de l'accord 1968), mais ces filières restent les plus accessibles dans les faits : ce sont précisément celles où les employeurs français manquent de main-d'œuvre et recrutent à l'étranger via une autorisation de travail. Quatre filières concentrent l'essentiel des opportunités.

  • BTP et second œuvre82,4 % des projets de recrutement de couvreurs sont jugés difficiles selon France Travail (BMO 2025). Maçonnerie, électricité bâtiment, plâtrerie, plomberie : profil le plus accessible pour un Algérien qualifié.
  • Transport routier (chauffeur PL et SPL)Tension structurelle, plus de 70 % des projets jugés difficiles. Important : le permis algérien C/CE n'est pas directement convertible, il faudra repasser la qualification en France (cf. page chauffeur PL).
  • Restauration et hôtellerieL'UMIH estime à environ 200 000 le nombre d'emplois non pourvus dans la restauration française chaque année. Cuisinier, plongeur, serveur, commis — recrutement souvent rapide.
  • Agriculture saisonnièreStatut spécifique délicat pour les Algériens : l'accord 1968 ne prévoit pas explicitement de « certificat de résidence saisonnier ». Voir la page dédiée pour la marche à suivre.

Procédure consulaire : Capago, pas TLScontact

Contrairement au Maroc et à la Tunisie qui utilisent TLScontact, la France a confié le dépôt des dossiers visa long séjour pour l'Algérie au prestataire Capago International. Quatre centres répartis sur le territoire : Alger (Hydra), Oran, Annaba et Constantine.

La prise de rendez-vous se fait via le site officiel capago.eu/algerie. Le délai pour obtenir un rendez-vous est généralement de 2 à 4 semaines selon la saison et le centre choisi. Les centres d'Oran et de Constantine sont souvent moins saturés que celui d'Alger.

Une fois le visa long séjour « salarié » délivré, vous l'utilisez pour entrer en France. Le passage à l'OFII (Alger ou à l'arrivée en France selon le cas) et la délivrance du certificat de résidence se font ensuite — voir la page visa-salarié pour le détail.

Salaires nets en France — ordres de grandeur 2026

Salaires nets mensuels indicatifs (hors primes, hors Île-de-France où ajouter 10-15 %). SMIC français net 2026 : environ 1 443 €. À comparer avec le SNMG algérien (20 000 DA/mois ≈ 135 €).

Maçon (débutant → confirmé)

1600 € – 2200 €/mois (brut)

Couvreur

1800 € – 2500 €/mois (brut)

Électricien bâtiment

1800 € – 2600 €/mois (brut)

Conducteur d'engins BTP

2000 € – 2800 €/mois (brut)

Chauffeur poids lourd (C)

1900 € – 2400 €/mois (brut)

Chauffeur SPL (CE)

2200 € – 2900 €/mois (brut)

Primes route et découcher en sus

Cuisinier (commis → chef de partie)

1500 € – 2400 €/mois (brut)

Aide-soignant

1700 € – 2200 €/mois (brut)

Diplôme à faire reconnaître via ENIC-NARIC

OuiJob et l'absence d'équivalent ANEM Skills

Contrairement au Maroc qui dispose d'ANAPEC Skills, l'agence nationale algérienne ANEM (Agence Nationale de l'Emploi) ne dispose pas d'un dispositif structuré de placement à l'étranger. WassitOnline, sa plateforme lancée en 2018, est tournée vers le marché intérieur algérien. C'est une différence importante avec ses homologues marocaine et tunisienne (ANETI).

L'accord franco-algérien sur les échanges de jeunes actifs, signé en 2015 et ratifié par décret présidentiel publié au Journal officiel algérien le 22 février 2024, ouvre 200 places par an dans chaque sens pour les 18-35 ans. Le dispositif reste cependant peu utilisé en pratique côté algérien faute d'opérateur dédié — c'est l'une des raisons pour lesquelles OuiJob a positionné son service spécifiquement sur cette filière.

OuiJob fonctionne comme un opérateur privé de placement, complémentaire de l'ANEM. Notre service est 100 % gratuit pour le candidat (article L5321-3 du Code du travail français — qui s'applique à toute opération de placement effectuée en France ou pour le compte d'employeurs français, quelle que soit la nationalité du candidat).

Procédure visa pas-à-pas

Procédure standard pour un certificat de résidence algérien (CRA) « salarié » 1 an. Variante saisonnier traitée page A4 ; variante carte 10 ans accessible après 3 ans de présence régulière.

Durée totale estimée
7 à 10 semaines en moyenne
Coût estimé
99 € visa long séjour + frais service Capago + redevance OFII en France
  1. Contrat de travail signé avec un employeur français

    CDI ou CDD ≥ 12 mois préférable pour le CRA 1 an. Le contrat est la pièce maîtresse du dossier autorisation de travail.

    Par : Employeur + candidat · Délai : 1 à 2 semaines

  2. Demande d'autorisation de travail (DREETS)

    L'employeur dépose la demande d'autorisation de travail. Pour les Algériens, la situation de l'emploi peut être examinée par la DREETS (l'accord 1968 ne leur ouvre pas le titre dédié « métiers en tension »).

    Par : Employeur français · Délai : 2 à 4 semaines

  3. Constitution du dossier visa long séjour

    Passeport, autorisation de travail, contrat, justificatifs financiers et de domicile, photos d'identité, attestations professionnelles.

    Par : Candidat · Délai : 3 à 7 jours

  4. Rendez-vous Capago (Alger, Oran, Annaba ou Constantine)

    Dépôt du dossier complet, prise de biométrie, paiement des frais (99 € visa + service Capago). Délai d'attente actuel : 2-4 semaines.

    Par : Candidat · Délai : 1 demi-journée

  5. Décision consulaire et délivrance du visa

    Le consulat général de France à Alger examine le dossier et délivre (ou refuse) le visa long séjour « salarié ». Récupération via Capago.

    Par : Consulat de France · Délai : 2 à 3 semaines

  6. Arrivée en France et validation OFII

    Validation en ligne du visa, paiement de la taxe de séjour (≈ 300 €) et convocation pour la visite médicale OFII (168 € de redevance).

    Par : Candidat (via OFII en ligne) · Délai : 1 à 3 mois après l'arrivée

  7. Délivrance du certificat de résidence algérien (CRA)

    À l'issue de la visite médicale OFII, retrait du certificat de résidence « salarié » en préfecture du domicile français. Valide 1 an, renouvelable.

    Par : Préfecture (service étrangers) · Délai : 4 à 8 semaines après validation OFII

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Questions fréquentes

L'accord franco-algérien de 1968 est-il toujours en vigueur en 2026 ?
Oui, à la date du 24 mai 2026. Une proposition de résolution adoptée à l'Assemblée nationale le 30 octobre 2025 préconisait sa dénonciation, mais cette résolution n'a pas valeur législative — elle exprime une position politique sans déclencher la procédure formelle de dénonciation par le gouvernement français. Tant que cette procédure n'est pas engagée et menée à terme, l'accord régit le droit au séjour et au travail des Algériens.
Qu'est-ce qu'un certificat de résidence algérien et en quoi diffère-t-il d'un titre CESEDA ?
Le certificat de résidence algérien (CRA) est le titre de séjour spécifique délivré aux Algériens en France au titre de l'accord 1968. Trois types principaux : CRA 1 an « salarié » (équivalent VLS-TS), CRA 10 ans (équivalent carte de résident), CRA 1 an « vie privée et familiale ». Les conditions d'attribution et de renouvellement diffèrent du régime CESEDA standard (notamment plus favorables pour la transition vers le 10 ans).
Suis-je exempté du « test civique » obligatoire depuis la loi CIAI de janvier 2026 ?
En principe oui. La loi Contrôler l'immigration et améliorer l'intégration (CIAI) a instauré un test civique pour les titres CESEDA ; le séjour des Algériens étant régi par l'accord 1968 (dérogatoire au CESEDA), ils devraient en être exemptés. Les modalités d'application étant récentes (2026) et susceptibles d'évoluer, vérifiez ce point à jour sur service-public.fr ou auprès de votre préfecture.
Le « métier en tension » me permet-il une régularisation comme pour les autres nationalités ?
Il faut distinguer deux choses. Les Algériens n'ont pas accès au titre de séjour dédié « métiers en tension » du droit commun (leur séjour est régi par l'accord 1968). En revanche, la régularisation par le travail (art. L.435-4 du CESEDA, loi du 26 janvier 2024) peut s'appliquer à un Algérien à l'appréciation de la préfecture — ce n'est pas un droit automatique. La frontière entre ces deux régimes est subtile et encore débattue : faites valider votre situation par un professionnel du droit des étrangers avant toute démarche.
Combien de temps prend la procédure complète depuis l'Algérie ?
7 à 10 semaines en moyenne entre la signature du contrat et l'obtention du visa long séjour. Délai légèrement plus long que pour les Marocains et Tunisiens, principalement en raison du délai Capago (2-4 semaines pour le rendez-vous) et de l'examen consulaire qui peut être plus minutieux compte tenu du cadre dérogatoire.
Puis-je faire venir ma famille rapidement avec mon CRA 1 an ?
Le regroupement familial reste possible mais sous conditions : 12 à 18 mois de présence régulière en France, ressources stables (au moins le SMIC), logement adapté à la composition familiale. L'accord 1968 prévoit des règles légèrement plus favorables que le CESEDA standard sur ce point — notamment l'absence de condition d'intégration républicaine préalable.
Le service OuiJob facture-t-il quelque chose au candidat algérien ?
Non. Aucun frais à aucune étape — inscription, mise en relation, accompagnement consulaire, suivi à l'arrivée. Le financement provient des employeurs partenaires France. C'est aussi une obligation légale : l'article L5321-3 du Code du travail français interdit toute facturation au candidat pour une opération de placement.
L'ANEM peut-elle me placer en France comme l'ANAPEC le fait au Maroc ?
Pas à ce jour. L'ANEM (Agence Nationale de l'Emploi) ne dispose pas d'un dispositif structuré équivalent à ANAPEC Skills. WassitOnline, sa plateforme, est tournée vers le marché intérieur. L'accord franco-algérien sur les jeunes actifs (200 places/an depuis 2024) reste sous-utilisé faute d'opérateur dédié côté algérien — d'où la pertinence de canaux privés comme OuiJob pour les Algériens cherchant un emploi en France.

Sources & transparence

Page mise à jour le 4 juin 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.