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Titres de séjour « salarié » : le guide de l’employeur qui recrute un étranger

Tous les titres de séjour n’ouvrent pas le droit au travail. Avant d’embaucher un étranger, l’employeur doit identifier le bon titre — VLS-TS, carte « salarié » (CDI) ou « travailleur temporaire » (CDD) — vérifier sa mention et confirmer son existence auprès de la préfecture.

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Quels titres de séjour permettent de travailler en France ?

Un titre de séjour n’emporte pas automatiquement le droit de travailler. Certains titres autorisent l’emploi salarié de plein droit (carte « salarié », « travailleur temporaire », « talent », « vie privée et familiale », carte de résident) ; d’autres ne l’ouvrent que partiellement (« étudiant ») ou pas du tout (« visiteur »). Avant toute embauche, l’employeur lit donc la mention portée sur le titre et son autorisation de travail, pas seulement sa date de validité.

Pour un recrutement courant, trois titres reviennent le plus souvent : le VLS-TS (visa de long séjour valant titre de séjour) portant la mention « salarié » ou « travailleur temporaire », la carte de séjour « salarié » pour un CDI et la carte de séjour « travailleur temporaire » pour un CDD. Leur délivrance suppose, en amont, une autorisation de travail obtenue par l’employeur lorsque le candidat réside encore à l’étranger ou change de statut.

Cette page fait le tri côté employeur : quel titre pour quel contrat, quelle durée, quoi contrôler avant l’embauche et au renouvellement. Elle ne remplace pas l’examen du titre réellement présenté par le candidat, dont la mention fait foi.

Quels sont les principaux titres de séjour « salarié » ?

Le tableau récapitule les titres qui autorisent une activité salariée, le contrat concerné, leur durée et leur renouvellement. La mention exacte figure au recto du titre ; le droit au travail et son périmètre sont précisés au verso.

Titre de séjourPour quel contrat / publicDurée initialeRenouvellementAutorise le travail ?
VLS-TS « salarié »CDI, à l’arrivée en France4 mois à 1 anBascule vers la carte « salarié »Oui — à valider en ligne sous 3 mois
VLS-TS « travailleur temporaire »CDDDurée du contrat, max 1 anBascule vers la carte « travailleur temporaire »Oui, limité à l’emploi autorisé
Carte de séjour « salarié »CDI1 anCarte pluriannuelle jusqu’à 4 ansOui, activité salariée
Carte « travailleur temporaire »CDDDurée du contrat, max 1 anRenouvelable selon le contratOui — emploi et employeur autorisés (1re année)
Passeport talent / carte « talent »Profil qualifié (seuil de salaire)Jusqu’à 4 ansRenouvelableOui, sans autorisation de travail distincte
Certificat de résidence algérien « salarié »Ressortissant algérien (accord de 1968)1 anRenouvelable / certificat de 10 ansOui, selon la mention

Récapitulatif indicatif : la mention portée sur le titre présenté par le candidat fait foi, à vérifier au cas par cas auprès de la préfecture. Côté OuiJob, le sourcing et la présélection sont inclus dans l’abonnement employeur — le candidat, lui, ne paie jamais rien (article L5321-3 du Code du travail).

Carte « salarié » (CDI) ou « travailleur temporaire » (CDD) : quelle différence ?

La distinction tient au contrat. La carte de séjour « salarié » est délivrée pour un CDI (ou un contrat d’au moins douze mois) : elle vaut un an, puis ouvre droit à une carte pluriannuelle d’une durée maximale de quatre ans. La carte « travailleur temporaire » couvre un CDD : sa durée épouse celle du contrat, dans la limite d’un an, et se renouvelle si le contrat se prolonge (source : service-public.fr).

Le VLS-TS suit la même logique en amont : c’est le visa lui-même qui, une fois validé en ligne dans les trois mois suivant l’arrivée, tient lieu de premier titre de séjour « salarié » ou « travailleur temporaire ». Tant qu’il n’est pas validé, le salarié n’est pas en règle — l’employeur doit s’assurer de cette validation.

Point clé pour l’employeur : pour la carte et le VLS-TS « travailleur temporaire », l’autorisation de travail est attachée à l’emploi et à l’employeur pour lesquels elle a été accordée, au moins la première année. Un changement de poste ou d’entreprise peut alors imposer une nouvelle autorisation de travail — un réflexe à intégrer dans le parcours d’embauche d’un salarié hors UE. La carte « salarié », après le premier titre, ouvre une mobilité professionnelle plus large.

Un titre de séjour donne-t-il toujours le droit de travailler ?

Que doit vérifier l’employeur avant d’embaucher un étranger ?

L’employeur d’un ressortissant hors UE a une obligation de contrôle, sous peine de sanctions. Cinq vérifications, dans l’ordre :

  1. Exiger le titre originalcarte de séjour, VLS-TS validé, certificat de résidence ou récépissé — jamais une simple photocopie. Conserver une copie au dossier du salarié.
  2. Lire la mention et les datesla mention (« salarié », « travailleur temporaire », « talent »…) doit autoriser le travail, et le titre être en cours de validité à la date d’effet du contrat.
  3. Contrôler le périmètre de l’autorisationpour un « travailleur temporaire », vérifier que l’emploi proposé correspond à celui autorisé ; à défaut, déposer une demande d’autorisation de travail.
  4. Interroger la préfectureau moins deux jours ouvrables avant l’embauche, saisir le préfet pour faire vérifier l’existence du titre ; sans réponse sous deux jours ouvrables, l’obligation est réputée remplie (dispense si le candidat est déjà inscrit à France Travail).
  5. Finaliser l’embaucheréaliser la DPAE, organiser la visite médicale, établir un contrat conforme, puis archiver l’ensemble des justificatifs.

Que vérifier au renouvellement du titre de séjour ?

L’obligation de vérification ne s’arrête pas à l’embauche. À chaque échéance, l’employeur s’assure que le salarié détient un titre valide l’autorisant toujours à travailler. Le salarié doit déposer sa demande de renouvellement dans les deux mois précédant l’expiration de son titre.

Pendant l’instruction, la préfecture délivre un récépissé ou une attestation de prolongation. Selon la mention qu’il porte, ce document maintient — ou non — le droit de travailler. L’employeur le récupère et le classe : un salarié dont le titre a expiré sans renouvellement ne peut plus être employé, même si la demande est en cours et que le retard provient de l’administration.

Anticiper évite la rupture : un tableau de suivi des échéances de titres, poste par poste, sécurise l’entreprise. OuiJob intègre ce suivi dans l’accompagnement des employeurs qui recrutent à l’étranger.

Passeport talent, salarié algérien : quelles règles à part ?

Pour les profils qualifiés, le passeport talent — devenu la carte de séjour « talent » — change la donne : délivré jusqu’à quatre ans dès le premier titre, il autorise le travail sans autorisation distincte et dispense des démarches annuelles, sous condition d’un seuil de rémunération. C’est souvent la voie la plus fluide pour un cadre ou un spécialiste, détaillée sur notre page dédiée au passeport talent.

Les ressortissants algériens relèvent d’un régime à part : l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et non le CESEDA. Ils ne reçoivent pas une carte de séjour mais un certificat de résidence, dont la mention « salarié » conditionne le droit au travail. Les dispositifs de droit commun (passeport talent, certaines régularisations) ne leur sont pas transposables tels quels : voir recruter un salarié algérien.

Enfin, pour les métiers inscrits sur la liste des métiers en tension (article L. 414-13 du CESEDA), l’embauche d’un candidat hors UE est facilitée — c’est le cœur du recrutement d’un travailleur étranger. Dans tous les cas, la mise en relation reste gratuite pour le candidat (article L5321-3) : OuiJob se rémunère côté employeur.

Questions fréquentes

Quels titres de séjour permettent de travailler en France ?
Les titres « salarié », « travailleur temporaire », « talent », « vie privée et familiale » et la carte de résident autorisent le travail de plein droit. Le titre « étudiant » ne l’autorise que partiellement, le titre « visiteur » pas du tout. Un titre de séjour n’emporte donc pas toujours droit au travail : la mention fait foi.
Quels sont les principaux titres de séjour « salarié » ?
Le VLS-TS « salarié » ou « travailleur temporaire » à l’arrivée, puis la carte de séjour « salarié » (pour un CDI) et « travailleur temporaire » (pour un CDD), le passeport talent / carte « talent » pour les profils qualifiés, et le certificat de résidence « salarié » pour les ressortissants algériens.
Quelle différence entre la carte « salarié » (CDI) et « travailleur temporaire » (CDD) ?
La carte « salarié » couvre un CDI : un an, puis une carte pluriannuelle jusqu’à quatre ans. La carte « travailleur temporaire » couvre un CDD : sa durée suit celle du contrat, dans la limite d’un an, et l’autorisation de travail reste attachée à l’emploi et à l’employeur autorisés la première année.
Un titre de séjour donne-t-il toujours le droit de travailler ?
Non. Le titre « visiteur » interdit de travailler ; le titre « étudiant » limite l’activité à 60 % de la durée légale annuelle, soit environ 964 heures par an ; un récépissé n’autorise le travail que si sa mention le prévoit. Embaucher sans titre valide autorisant le travail est un délit (article L. 8251-1 du Code du travail).
Que doit vérifier l’employeur avant d’embaucher un étranger ?
Exiger le titre original, lire sa mention et ses dates de validité, contrôler le périmètre de l’autorisation, puis interroger la préfecture au moins deux jours ouvrables avant l’embauche pour faire vérifier l’existence du titre (dispense si le candidat est inscrit à France Travail). Enfin DPAE, visite médicale et archivage des justificatifs.
Que vérifier au renouvellement du titre de séjour ?
Que le salarié détient toujours un titre valide autorisant le travail. La demande de renouvellement se dépose dans les deux mois précédant l’expiration ; pendant l’instruction, le récépissé maintient le droit au travail selon sa mention. Un titre expiré sans renouvellement interdit de maintenir le salarié en poste.
Passeport talent, salarié algérien : quelles règles à part ?
Le passeport talent (carte « talent ») est délivré jusqu’à quatre ans et autorise le travail sans autorisation distincte, sous seuil de rémunération. Les ressortissants algériens relèvent de l’accord de 1968 : ils reçoivent un certificat de résidence, pas une carte de séjour, et les dispositifs de droit commun ne leur sont pas tous transposables.

Sources & transparence

Page mise à jour le 7 juillet 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.