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Recruter un travailleur étranger : le guide complet pour l’employeur

Recruter un travailleur étranger, c’est embaucher un salarié de nationalité non française. Un ressortissant de l’Union européenne travaille librement, sans autorisation ; pour un salarié hors UE, l’employeur doit obtenir une autorisation de travail avant l’embauche. Voici la marche à suivre, étape par étape.

Tension
Métiers en tension : situation de l’emploi inopposable
Délai de recrutement
2 à 6 mois selon la procédure
Être accompagné

Recrutement à l’étranger géré · candidat 100 % gratuit (L5321-3).

Faut-il une autorisation pour recruter un travailleur étranger ?

Tout dépend de la nationalité du candidat. Un ressortissant de l’Union européenne, de l’Espace économique européen (Islande, Liechtenstein, Norvège) ou de Suisse bénéficie de la libre circulation des travailleurs : il n’a besoin d’aucune autorisation de travail et se recrute exactement comme un salarié français — déclaration préalable à l’embauche (DPAE), contrat et visite d’information et de prévention.

Pour un ressortissant d’un pays tiers (hors UE/EEE/Suisse), l’embauche est en principe subordonnée à une autorisation de travail, que l’employeur doit obtenir avant la prise de poste. La demande se dépose sur la plateforme numérique du ministère de l’Intérieur. Employer un étranger sans titre l’autorisant à travailler expose à de lourdes sanctions pénales et administratives : la vérification est une obligation de l’employeur, pas une option. Nous détaillons la marche à suivre dans notre guide recruter un salarié hors UE.

Un cas particulier existe : si le candidat détient déjà un titre de séjour qui l’autorise à travailler (carte de résident, vie privée et familiale, certaines cartes étudiant), une nouvelle autorisation peut ne pas être requise. Mais pour un recrutement neuf depuis l’étranger, la règle est claire : autorisation de travail d’abord, visa ensuite. La demande elle-même est expliquée pas à pas dans notre guide de l’autorisation de travail.

UE, Maghreb, pays tiers : quelles démarches selon la nationalité ?

La démarche dépend d’abord du passeport du candidat. Ce tableau résume les grands régimes ; chaque ligne renvoie à notre guide dédié pour aller au détail.

Nationalité du candidatAutorisation de travail ?Régime applicable et guide
UE, EEE, SuisseNonLibre circulation : recrutement comme un salarié français
Pays tiers (droit commun)Oui, avant l’embaucheRecruter un salarié hors UE puis demande d’autorisation de travail
MarocainOui (droit commun)Recruter un salarié marocain
AlgérienOui — régime spécifiqueAccord franco-algérien de 1968 (certificat de résidence)
TunisienOui — accord bilatéralRecruter un salarié tunisien

Les ressortissants algériens relèvent exclusivement de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, distinct du CESEDA ; les Tunisiens, d’un accord bilatéral de gestion concertée des migrations. Vérifiez toujours le régime applicable avant de vous engager.

Comment recruter un salarié étranger hors UE, étape par étape ?

Pour un salarié recruté hors Union européenne, la procédure suit un ordre précis. Les six grandes étapes, chacune détaillée dans un guide dédié :

  1. Vérifier si le métier est en tensionun poste inscrit sur la liste régionale rend la « situation de l’emploi » inopposable : vous n’avez pas à prouver l’absence de candidats locaux (article L.414-13 du CESEDA). Voir la liste des métiers en tension.
  2. Établir le contrat et la promesse d’embaucheCDI ou CDD conforme, rémunération au moins égale au SMIC et aux minima de la convention collective — le poste et le salaire conditionnent l’autorisation.
  3. Déposer la demande d’autorisation de travaill’employeur dépose le dossier sur la plateforme numérique du ministère de l’Intérieur ; la DREETS l’instruit. Détails sur notre guide de l’autorisation de travail.
  4. Visa long séjour et introduction OFIIune fois l’autorisation accordée, le salarié demande son visa long séjour (VLS-TS) ; l’OFII organise l’introduction, la visite médicale et perçoit la taxe employeur. Voir la procédure OFII d’introduction.
  5. Valider le titre de séjour à l’arrivéele VLS-TS est validé en ligne dans les trois mois et vaut titre de séjour « salarié » ou « travailleur temporaire ». Voir le titre de séjour salarié.
  6. Finaliser l’embaucheDPAE, contrat signé, visite d’information et de prévention : vous accueillez un salarié en règle. Anticipez le budget avec notre calcul du coût d’un recrutement à l’étranger.

Carte « salarié » ou « passeport talent » : quelle voie choisir ?

Deux grandes voies coexistent selon le profil. Pour un poste courant, la carte de séjour « salarié » (contrat à durée indéterminée) ou « travailleur temporaire » (contrat à durée déterminée) est délivrée après l’autorisation de travail : c’est la voie de la majorité des recrutements. À l’arrivée, le visa long séjour vaut titre de séjour (VLS-TS) le temps de la première année.

Pour un profil qualifié, la carte pluriannuelle « talent » (l’ancien « passeport talent ») offre une voie plus rapide, valable jusqu’à quatre ans et, dans plusieurs cas, sans autorisation de travail préalable. Elle vise notamment le salarié qualifié titulaire d’un diplôme au moins équivalent au master et rémunéré au-dessus d’un seuil réglementaire fixé par référence au SMIC. Le détail des conditions figure dans notre guide passeport talent employeur.

Le bon choix dépend du diplôme, du salaire et de la durée du contrat. Notre guide titre de séjour salarié compare les cartes et leurs conditions de renouvellement ; en cas de doute, un conseiller OuiJob vous oriente vers la voie la plus rapide pour votre poste.

Combien coûte le recrutement d’un travailleur étranger ?

Au-delà du salaire chargé (environ 40 à 45 % de charges patronales sur le brut), le recrutement à l’international ajoute des coûts spécifiques : la taxe employeur due à l’OFII lors de la première introduction, dont le montant varie selon le salaire et la durée du contrat, et des frais de procédure (traductions, déplacement, logistique d’arrivée). Le détail chiffré figure dans notre guide coût d’un recrutement à l’étranger.

Un repère essentiel : ces coûts restent à la charge de l’employeur, jamais du candidat. L’article L5321-3 du Code du travail impose la gratuité du placement pour la personne en recherche d’emploi — facturer un salarié pour sa mise en relation ou ses démarches est illégal. C’est aussi un signal de confiance : un prestataire sérieux facture l’entreprise, pas le futur salarié.

Avec OuiJob, le sourcing et la présélection sont inclus dans l’abonnement employeur, sans frais à l’embauche. Vous financez un accompagnement d’entreprise ; le candidat, lui, ne paie rien à aucune étape.

Peut-on régulariser un salarié étranger déjà présent en France ?

Oui, mais ce n’est jamais un droit automatique. Un étranger en situation irrégulière qui occupe un métier en tension peut demander une admission exceptionnelle au séjour par le travail (article L.435-4 du CESEDA, issu de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024), sous conditions d’ancienneté de présence et d’emploi.

La décision relève de l’appréciation du préfet : elle n’est ni garantie, ni un dû. L’employeur peut appuyer la démarche (bulletins de paie, promesse d’embauche) mais ne la maîtrise pas, et aucun prestataire ne peut la promettre. Ne présentez donc jamais une régularisation comme acquise à un candidat. Nous expliquons le cadre exact — et ses limites — dans notre guide régularisation par les métiers en tension.

Pour un recrutement neuf, la voie propre et prévisible reste l’introduction depuis l’étranger, où la liste des métiers en tension joue à plein en rendant la situation de l’emploi inopposable. C’est celle que OuiJob industrialise pour ses employeurs.

Recruter au Maghreb avec OuiJob : comment ça se passe ?

Questions fréquentes

Faut-il une autorisation pour recruter un travailleur étranger ?
Cela dépend de la nationalité. Un ressortissant de l’Union européenne, de l’EEE ou de Suisse travaille librement, sans autorisation. Pour un ressortissant d’un pays tiers, l’employeur doit obtenir une autorisation de travail avant l’embauche, déposée sur la plateforme du ministère de l’Intérieur, sauf si le candidat détient déjà un titre l’autorisant à travailler.
UE, Maghreb, pays tiers : quelles démarches selon la nationalité ?
Les citoyens UE/EEE/Suisse se recrutent sans autorisation. Les ressortissants de pays tiers relèvent du droit commun (autorisation de travail préalable). Les Marocains suivent le droit commun ; les Algériens relèvent exclusivement de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 (certificat de résidence) ; les Tunisiens d’un accord bilatéral de gestion concertée.
Comment recruter un salarié étranger hors UE, étape par étape ?
Vérifiez si le métier est en tension (situation de l’emploi inopposable, article L.414-13 du CESEDA), établissez un contrat conforme au SMIC et à la convention collective, déposez la demande d’autorisation de travail, puis enchaînez visa long séjour et introduction OFII avant de valider le titre de séjour et de finaliser l’embauche.
Carte « salarié » ou « passeport talent » : quelle voie choisir ?
Pour un poste courant, la carte « salarié » (CDI) ou « travailleur temporaire » (CDD) est délivrée après autorisation de travail. Pour un profil qualifié (diplôme au moins équivalent au master, salaire au-dessus d’un seuil réglementaire), la carte « talent » (ex-passeport talent) est plus rapide, pluriannuelle et souvent dispensée d’autorisation de travail préalable.
Combien coûte le recrutement d’un travailleur étranger ?
Au salaire chargé (environ 40 à 45 % de charges patronales) s’ajoutent la taxe employeur due à l’OFII lors de la première introduction — variable selon le salaire et la durée du contrat — et des frais de procédure. Ces coûts sont à la charge de l’employeur : le candidat ne paie jamais rien (article L5321-3).
Peut-on régulariser un salarié étranger déjà présent en France ?
Sous conditions, un salarié sans titre occupant un métier en tension peut demander une admission exceptionnelle au séjour (article L.435-4 du CESEDA, loi du 26 janvier 2024). Mais ce n’est pas un droit : la décision relève de l’appréciation du préfet. L’employeur peut appuyer la démarche sans jamais pouvoir la garantir.
Recruter au Maghreb avec OuiJob : comment ça se passe ?
OuiJob présélectionne des candidats qualifiés au Maroc, en Algérie et en Tunisie et gère toute la procédure (métier en tension, autorisation de travail, visa, introduction OFII), en général 2 à 6 mois entre la sélection et l’arrivée. Vous décidez de l’embauche, nous gérons l’administratif — et le candidat ne paie jamais rien (article L5321-3).

Sources & transparence

Page mise à jour le 7 juillet 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.