Espace employeurs · OuiJob

Recruter un salarié tunisien en France : le guide employeur

Recruter un salarié tunisien est possible et encadré : un accord franco-tunisien de gestion concertée des migrations coexiste avec le droit commun (CESEDA). Pour l’essentiel, l’employeur obtient une autorisation de travail, le salarié un visa, et l’OFII gère l’introduction. Voici la marche à suivre.

Tension
Accord franco-tunisien + droit commun (CESEDA)
Délai de recrutement
plusieurs mois (autorisation de travail, visa, OFII)
Déposer une offre gratuitement

Recrutement à l’étranger géré · candidat 100 % gratuit (L5321-3).

Peut-on recruter un salarié tunisien, et sous quel cadre légal ?

Oui. Un employeur français peut embaucher un ressortissant tunisien comme tout autre salarié étranger non européen. La particularité tunisienne tient à la coexistence de deux cadres : le droit commun des étrangers, codifié dans le CESEDA, et un accord bilatéral franco-tunisien de « gestion concertée des migrations » signé en 2008. Contrairement au régime algérien — régi exclusivement par l’accord franco-algérien de 1968 —, le salarié tunisien relève d’abord du droit commun, l’accord venant y ajouter des facilités ciblées.

Concrètement, l’ossature de la procédure reste celle du droit commun : l’employeur dépose une demande d’autorisation de travail, le salarié sollicite ensuite un visa long séjour valant titre de séjour « salarié » (VLS-TS) auprès du consulat de France en Tunisie, puis l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) pilote l’introduction en France.

L’accord franco-tunisien, lui, apporte des ouvertures spécifiques : une liste de métiers pour lesquels la situation de l’emploi n’est pas opposable aux Tunisiens, un dispositif d’« échange de jeunes professionnels » et une coopération renforcée entre les opérateurs publics des deux pays. Nous détaillons ces voies ci-dessous.

Accord franco-tunisien ou droit commun : quelle voie pour l’employeur ?

Les deux cadres se combinent plus qu’ils ne s’opposent. Le tableau ci-dessous résume ce que chaque voie apporte à l’employeur et les profils concernés. Le socle — autorisation de travail, visa, introduction OFII — reste commun à toutes.

VoieCe qu’elle apporte à l’employeurÀ qui elle s’adresse
Droit commun (CESEDA)Socle de tout recrutement : autorisation de travail, VLS-TS « salarié », introduction OFIITout poste, tout profil tunisien
Liste « métiers en tension »Situation de l’emploi inopposable : pas besoin de prouver l’absence de candidat local (art. L.414-13 CESEDA)Postes inscrits sur l’arrêté en vigueur
Accord franco-tunisien — métiers listésOuverture de métiers sans opposition de la situation de l’emploi au titre de l’accord bilatéralMétiers figurant en annexe de l’accord (voir sources)
Accord franco-tunisien — jeunes professionnelsSéjour professionnel temporaire pour acquérir une expérience, dans un contingent annuelJeunes actifs tunisiens diplômés ou expérimentés
Passeport talent (droit commun)Procédure allégée, sans autorisation de travail distincte, pour les profils qualifiésCadres et experts au-dessus du seuil de rémunération

Les listes de métiers (arrêté « métiers en tension » et annexe de l’accord franco-tunisien) évoluent : vérifiez la version en vigueur auprès des sources officielles citées avant de vous engager.

Que prévoit l’accord franco-tunisien de gestion concertée des migrations ?

Signé en 2008, l’accord franco-tunisien de gestion concertée des migrations et de développement solidaire organise une immigration professionnelle encadrée entre les deux pays. Il ne remplace pas le droit commun : il s’y ajoute pour fluidifier certains recrutements et sécuriser les parcours.

Son annexe fixe une liste de métiers ouverts aux ressortissants tunisiens sans que l’employeur ait à démontrer l’absence de candidats sur le marché du travail français. Comme l’arrêté « métiers en tension » du droit commun, cette liste est susceptible d’être actualisée : vérifiez son contenu exact auprès de France-Visas et des textes officiels plutôt que de vous fier à une version datée.

L’accord comporte aussi un volet « échange de jeunes professionnels » : de jeunes actifs tunisiens, déjà diplômés ou expérimentés, peuvent occuper un emploi en France pour une durée limitée afin d’enrichir leur parcours, dans la limite d’un contingent annuel. Ce dispositif suppose un poste correspondant à la qualification et le respect des conditions propres à l’accord.

Dans tous les cas, l’entrée sur le territoire passe par la procédure d’introduction OFII. Et si votre poste figure parmi les métiers en tension, la situation de l’emploi ne vous sera pas opposée, que vous mobilisiez l’accord ou le seul droit commun.

Quel est le rôle de l’ANETI dans le recrutement en Tunisie ?

L’ANETI — Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant — est l’opérateur public tunisien de l’emploi, l’équivalent de France Travail. Dans le cadre de la coopération franco-tunisienne, elle diffuse les offres, oriente et présélectionne les candidats tunisiens, et sert de relais officiel pour les dispositifs de l’accord.

Pour un employeur français, l’ANETI est un point d’entrée institutionnel côté tunisien. Elle ne réalise toutefois pas les démarches françaises — autorisation de travail, visa, OFII — à votre place, qui restent à la charge de l’employeur en France.

En pratique, un recruteur peut donc s’appuyer sur l’ANETI pour sourcer en Tunisie, mais devra articuler ce sourcing avec la procédure française. D’où l’intérêt d’un partenaire qui connecte votre offre à un vivier déjà qualifié et pilote les deux versants du dossier.

Comment recruter un salarié tunisien, étape par étape ?

La procédure se pilote côté employeur, dans un ordre précis. Le candidat n’a ni à avancer de frais de placement, ni à porter la demande d’autorisation de travail : c’est vous qui l’initiez.

  1. Cadrer le poste et vérifier l’éligibilitédéfinir le contrat (CDI ou CDD) et le salaire — au moins le SMIC et les minima de votre convention collective — puis vérifier si le métier figure sur l’arrêté « métiers en tension » ou l’annexe de l’accord franco-tunisien.
  2. Établir la promesse d’embauche puis le contratun contrat conforme au droit du travail français, daté et signé, sert de pièce maîtresse à la demande d’autorisation de travail.
  3. Déposer la demande d’autorisation de travailsur la plateforme numérique du ministère de l’Intérieur ; c’est l’employeur qui initie et porte cette demande, jamais le candidat.
  4. Laisser le salarié demander son visaune fois l’autorisation accordée, le salarié tunisien sollicite le visa long séjour « salarié » (VLS-TS) auprès du consulat de France en Tunisie.
  5. Passer par la procédure OFIIvisite médicale, validation du VLS-TS et paiement de la taxe due par l’employeur à l’OFII au titre de l’introduction de main-d’œuvre étrangère.
  6. Finaliser l’embauche en Francedéclaration préalable à l’embauche (DPAE), visite d’information et de prévention, remise du contrat — comme pour tout salarié.

Combien de temps et combien coûte le recrutement d’un Tunisien ?

Le recrutement d’un salarié depuis la Tunisie s’étale généralement sur plusieurs mois : instruction de la demande d’autorisation de travail, délivrance du visa par le consulat, puis introduction OFII. Le délai dépend surtout des rendez-vous consulaires et de la complétude du dossier — un dossier incomplet est la première cause de retard.

Côté budget, au-delà du salaire brut et des charges patronales (de l’ordre de 40 à 45 % du brut), l’employeur acquitte une taxe OFII lors de l’introduction, dont le montant varie selon le salaire et la durée du contrat. À l’inverse, un poste durablement vacant coûte le plus souvent bien davantage en activité perdue.

La logique est proche pour les autres nationalités du Maghreb, avec des régimes distincts : voir recruter un salarié marocain et recruter un salarié algérien, ce dernier relevant de l’accord franco-algérien de 1968.

Pourquoi passer par OuiJob pour recruter en Tunisie ?

Questions fréquentes

Peut-on recruter un salarié tunisien, et sous quel cadre légal ?
Oui. Un employeur français peut embaucher un Tunisien comme tout salarié étranger non européen. Deux cadres coexistent : le droit commun (CESEDA) — autorisation de travail, visa « salarié », OFII — et l’accord franco-tunisien de 2008, qui ajoute des facilités ciblées. Le salarié tunisien relève d’abord du droit commun.
Accord franco-tunisien ou droit commun : quelle voie pour l’employeur ?
Les deux se combinent. Le socle (autorisation de travail, VLS-TS, OFII) relève du droit commun. L’accord franco-tunisien et l’arrêté « métiers en tension » ajoutent, pour certains métiers, l’inopposabilité de la situation de l’emploi. Les profils qualifiés peuvent relever du passeport talent, sans autorisation de travail distincte.
Que prévoit l’accord franco-tunisien de gestion concertée des migrations ?
Signé en 2008, il organise une immigration professionnelle encadrée. Son annexe ouvre une liste de métiers sans opposition de la situation de l’emploi, et il institue un « échange de jeunes professionnels » à durée limitée dans un contingent annuel. Vérifiez la liste des métiers à jour auprès de France-Visas.
Quel est le rôle de l’ANETI dans le recrutement en Tunisie ?
L’ANETI est l’opérateur public tunisien de l’emploi, équivalent de France Travail. Elle diffuse les offres, présélectionne et oriente les candidats tunisiens et relaie les dispositifs de l’accord. Elle ne réalise pas les démarches françaises (autorisation de travail, visa, OFII), qui restent à la charge de l’employeur.
Comment recruter un salarié tunisien, étape par étape ?
Cadrez le poste et le contrat, déposez la demande d’autorisation de travail sur la plateforme du ministère de l’Intérieur, laissez le salarié demander son visa « salarié » au consulat, passez la procédure OFII (visite médicale, taxe employeur), puis finalisez l’embauche (DPAE). L’employeur porte la demande, jamais le candidat.
Combien de temps et combien coûte le recrutement d’un Tunisien ?
Comptez plusieurs mois : autorisation de travail, visa consulaire, introduction OFII, le délai dépendant surtout des rendez-vous et de la complétude du dossier. Au budget s’ajoutent les charges patronales (environ 40 à 45 % du brut) et la taxe OFII, variable selon le salaire et la durée du contrat.
Pourquoi passer par OuiJob pour recruter en Tunisie ?
OuiJob combine un vivier de candidats tunisiens qualifiés et une procédure gérée de bout en bout : présélection, autorisation de travail, visa « salarié » et introduction OFII. Conformément à l’article L5321-3 du Code du travail, le candidat ne paie jamais rien ; notre rémunération vient de l’abonnement employeur.

Sources & transparence

Page mise à jour le 7 juillet 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.