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La demande d’autorisation de travail pour un salarié étranger

Pour embaucher un ressortissant hors Union européenne qui n’est pas déjà autorisé à travailler, l’employeur doit obtenir une autorisation de travail. Voici quand elle est exigée, comment la déposer sur la plateforme du ministère de l’Intérieur, les pièces, les critères et les délais.

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Quand une autorisation de travail est-elle obligatoire ?

Une autorisation de travail est obligatoire pour embaucher un ressortissant étranger hors Union européenne, hors Espace économique européen et hors Suisse, dès lors qu’il ne détient pas déjà un titre l’autorisant à travailler en France. C’est l’employeur qui en fait la demande, avant la prise de poste.

Les ressortissants de l’UE, de l’EEE et de la Suisse circulent et travaillent librement : aucune démarche n’est nécessaire. Pour les autres nationalités, tout dépend du document déjà détenu. Certains titres dispensent d’une nouvelle demande — carte de résident, carte pluriannuelle « salarié », « passeport talent », « vie privée et familiale », notamment. Vérifiez donc d’abord le titre de séjour du salarié → avant toute démarche.

La demande devient nécessaire dans deux cas fréquents : vous recrutez un candidat encore à l’étranger (première venue en France), ou vous embauchez une personne déjà présente en France dont le titre actuel ne couvre pas l’emploi salarié visé — un étudiant, par exemple, qui bascule vers un poste à temps plein. Le fondement figure à l’article L.5221-2 du Code du travail.

Où et comment déposer la demande d’autorisation de travail ?

La demande se dépose en ligne, par l’employeur, sur la plateforme numérique dédiée du ministère de l’Intérieur. Depuis le 6 avril 2021, la procédure est entièrement dématérialisée : plus aucun dossier papier n’est accepté.

Concrètement, vous créez un compte sur le téléservice « autorisation de travail », puis vous renseignez trois blocs : l’entreprise, le salarié et le poste proposé. Vous téléversez ensuite les pièces justificatives. Un mandataire — cabinet spécialisé ou prestataire comme OuiJob — peut déposer et suivre le dossier à votre place.

L’instruction est confiée aux services de main-d’œuvre étrangère rattachés à la DREETS (direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités), qui contrôlent le dossier et rendent la décision. La plateforme centralise tous les échanges : demandes de pièces complémentaires, notification d’accord ou de refus.

Quelles pièces réunir pour la demande ?

Le dossier réunit des pièces côté employeur et côté salarié. La liste exacte varie selon le poste et la situation, mais le socle est le suivant :

PièceÀ fournir parPrécision
Justificatif d’immatriculation (Kbis, avis SIRENE)Employeurentreprise en activité, à jour de ses obligations sociales
Contrat de travail ou promesse d’embauche daté et signéEmployeurCDI, CDD ou mission ; rémunération au moins égale au SMIC
Fiche de poste et justificatif des recherchesEmployeurintitulé, qualification requise, diffusion de l’offre
Passeport ou pièce d’identité en cours de validitéSalariécopie intégrale et lisible
CV, diplômes et justificatifs d’expérienceSalariépour établir l’adéquation au poste
Titre de séjour en cours (si déjà en France)Salariérequis pour un changement de statut
Autorisation d’exercice (profession réglementée)Selon le cassanté, transport, sécurité privée…

Liste indicative : la plateforme peut réclamer des pièces complémentaires en cours d’instruction. Pour les professions réglementées, l’autorisation d’exercice conditionne l’examen du dossier.

Comment se déroule la procédure, étape par étape ?

De la vérification préalable à la prise de poste, la demande suit un enchaînement précis. Voici les étapes, dans l’ordre :

  1. Vérifier que l’autorisation est requiseconfirmer la nationalité (hors UE, EEE, Suisse) et que le titre déjà détenu ne dispense pas de la démarche.
  2. Signer le contrat ou la promesse d’embauchepréciser l’intitulé du poste, la durée (CDI, CDD) et une rémunération au moins égale au SMIC.
  3. Créer le dossier sur la plateforme du ministère de l’Intérieursaisir l’entreprise, le salarié et le poste, puis téléverser les pièces justificatives.
  4. Laisser instruire le service de main-d’œuvre étrangère (DREETS)l’administration contrôle les critères et peut demander des pièces complémentaires.
  5. Recevoir la décisionaccord (autorisation délivrée) ou refus ; à défaut de réponse sous deux mois, la demande est réputée rejetée.
  6. Salarié à l’étranger : enclencher l’introduction OFIIl’autorisation est transmise au consulat ; demande de visa long séjour, taxe employeur OFII, visite médicale, puis entrée en France.
  7. Salarié déjà en France : demander le changement de statutdépôt d’une demande de titre de séjour « salarié » ou « travailleur temporaire » à la préfecture.
  8. Finaliser l’embauchedéclaration préalable à l’embauche (DPAE), visite d’information et de prévention, affiliation — comme pour tout salarié.

Sur quels critères la demande est-elle instruite ?

L’administration ne se contente pas d’enregistrer la demande : elle l’instruit au regard de critères fixés par le Code du travail. Quatre points sont déterminants : la situation de l’emploi, l’adéquation du profil, les conditions de rémunération et le respect du droit du travail par l’employeur.

La situation de l’emploi est le critère le plus scruté. En principe, l’administration peut opposer l’existence de candidats déjà disponibles sur le marché du travail : l’employeur doit alors démontrer ses difficultés de recrutement, notamment en ayant diffusé l’offre auprès de France Travail. C’est la notion d’« opposabilité de la situation de l’emploi ».

Exception majeure : lorsque le poste figure sur la liste des métiers en tension →, la situation de l’emploi n’est pas opposable. L’employeur n’a alors pas à prouver l’absence de candidats locaux — un allègement décisif, prévu en application de l’article L.414-13 du CESEDA et de l’arrêté qui fixe cette liste.

Restent trois vérifications : l’adéquation entre la qualification ou l’expérience du salarié et les caractéristiques du poste ; une rémunération au moins égale au SMIC et conforme à la convention collective applicable ; et le fait que l’employeur soit en règle (à jour de ses cotisations, sans travail dissimulé). La DREETS peut refuser dès qu’un de ces points fait défaut.

Salarié à l’étranger ou déjà en France : quelles différences ?

La suite de la procédure diffère fortement selon que le salarié se trouve encore à l’étranger ou déjà sur le territoire français. Le tableau compare les deux voies :

ÉtapeSalarié résidant à l’étrangerSalarié déjà en France
Point de départCandidat qui n’est pas encore entré en France (introduction).Étranger présent en France dont le titre ne permet pas l’emploi visé.
Après l’accordDemande de visa long séjour auprès du consulat de France.Demande de titre de séjour à la préfecture (changement de statut).
Rôle de l’OFIIIntroduction : taxe employeur, visite médicale, puis VLS-TS.Pas de procédure d’introduction OFII.
Titre obtenuVisa « salarié » (CDI) ou « travailleur temporaire » (CDD).Carte de séjour « salarié » ou « travailleur temporaire ».

Le détail de la voie d’introduction (taxe, visite médicale OFII, validation du VLS-TS) est traité dans notre guide dédié à la procédure OFII.

Quels délais et quels coûts pour l’employeur ?

Comptez jusqu’à deux mois d’instruction. Le silence gardé par l’administration pendant deux mois vaut refus : passé ce délai sans réponse, la demande est considérée comme rejetée, ce qui ouvre les voies de recours (gracieux, hiérarchique ou contentieux).

Côté budget, la demande d’autorisation de travail n’est pas payante en elle-même, mais l’introduction d’un salarié venu de l’étranger déclenche une taxe due à l’OFII, à la charge de l’employeur. Son montant dépend du salaire versé et de la durée du contrat. Nous détaillons l’ensemble des postes de dépense sur notre page coût du recrutement à l’étranger →.

Un principe reste intangible : ces frais incombent à l’employeur. Le candidat ne verse jamais rien, ni pour son placement ni pour ces démarches administratives — c’est une obligation légale (article L5321-3 du Code du travail). Chez OuiJob, le sourcing et l’accompagnement sont couverts par l’abonnement employeur, sans frais à l’embauche.

L’autorisation de travail dispense-t-elle du titre de séjour ?

Questions fréquentes

Quand une autorisation de travail est-elle obligatoire ?
Dès que vous embauchez un ressortissant hors UE, EEE ou Suisse qui ne détient pas déjà un titre l’autorisant à travailler. C’est l’employeur qui dépose la demande, avant la prise de poste (article L.5221-2 du Code du travail).
Où et comment déposer la demande d’autorisation de travail ?
En ligne, sur la plateforme numérique du ministère de l’Intérieur. Depuis le 6 avril 2021, la procédure est entièrement dématérialisée : l’employeur crée un compte, renseigne l’entreprise, le salarié et le poste, puis téléverse les pièces.
Quelles pièces réunir pour la demande ?
Côté employeur : justificatif d’immatriculation, contrat ou promesse d’embauche, fiche de poste. Côté salarié : passeport, CV, diplômes et justificatifs d’expérience, ainsi que le titre de séjour en cours pour une personne déjà en France.
Comment se déroule la procédure, étape par étape ?
Vérifier que l’autorisation est requise, signer le contrat, créer le dossier en ligne, laisser la DREETS instruire, recevoir la décision, puis enclencher l’introduction OFII (salarié à l’étranger) ou le changement de statut (salarié en France) avant de finaliser l’embauche.
Sur quels critères la demande est-elle instruite ?
La situation de l’emploi (opposable, sauf métier en tension), l’adéquation du profil au poste, une rémunération au moins égale au SMIC et conforme à la convention, et le respect du droit du travail par l’employeur. La DREETS peut refuser si un critère fait défaut.
Salarié à l’étranger ou déjà en France : quelles différences ?
Pour un salarié à l’étranger, l’accord ouvre une demande de visa long séjour et une introduction OFII (taxe, visite médicale, VLS-TS). Pour une personne déjà en France, il s’agit d’un changement de statut avec demande de carte de séjour « salarié » ou « travailleur temporaire » en préfecture.
Quels délais et quels coûts pour l’employeur ?
L’instruction dure jusqu’à deux mois ; le silence de l’administration pendant deux mois vaut refus. La demande n’est pas payante, mais l’introduction d’un salarié étranger déclenche une taxe OFII à la charge de l’employeur, variable selon le salaire et la durée du contrat.
L’autorisation de travail dispense-t-elle du titre de séjour ?
Non. Ce sont deux autorisations distinctes : l’autorisation de travail permet d’occuper l’emploi, mais le salarié doit aussi détenir un visa ou une carte de séjour valide. Vérifiez toujours le titre de séjour correspondant avant la prise de poste.

Sources & transparence

Page mise à jour le 7 juillet 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.