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Nouvelle circulaire régularisation 2027 : ce qui se prépare, ce qui est certain, ce qui ne l'est pas

La « nouvelle circulaire régularisation » désigne le texte que prépare le ministère de l'Intérieur pour prendre le relais de l'article L. 435-4 du CESEDA (régularisation métiers en tension), qui expire le 31 décembre 2026 : selon les annonces de mai-juin 2026, elle élargirait les listes de métiers, assouplirait les critères et pérenniserait le dispositif, pour un effet attendu vers le 1er janvier 2027. À la date du 12 juillet 2026, ce texte n'est ni signé ni publié : seuls le cadre actuel — L. 435-4 et circulaire Retailleau — font foi. Voici l'état exact du dossier, et ce qu'il est rationnel de faire en attendant.

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Qu'annonce la nouvelle circulaire de régularisation ?

Réponse directe : trois pistes ressortent des annonces gouvernementales de mai-juin 2026 — élargir les listes de métiers en tension, assouplir les critères d'accès à la régularisation par le travail, et pérenniser par circulaire un dispositif que la loi n'a créé qu'à titre expérimental. Rien de tout cela n'est encore écrit dans un texte applicable : il s'agit d'orientations issues des réunions conduites par Laurent Nuñez (Intérieur) et Jean-Pierre Farandou (Travail) avec le patronat et les syndicats.

Le point de départ est un constat partagé : la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025 a trop réduit la régularisation par le travail. Les chiffres sont nets : −42 % d'admissions exceptionnelles au séjour sur ses neuf premiers mois d'application, seulement 1 655 titres « métiers en tension » délivrés en 2025, et environ la moitié des dossiers déposés non instruits par les préfectures. Pendant ce temps, des secteurs entiers — BTP, restauration, aide à domicile, agriculture — peinent à recruter, comme le documente notre panorama des métiers en tension en France.

Attention au vocabulaire : ne confondez pas ce texte annoncé avec l'instruction Nuñez du 5 avril 2026, déjà signée, qui porte uniquement sur les délais de traitement des titres de séjour (objectif 55 jours, attestation API jusqu'à 12 mois). Le détail de cette première instruction est sur notre hub circulaire Nuñez 2026.

Qui pousse pour ce texte et pourquoi ?

Réponse directe : une coalition inhabituelle — patronat et syndicats ensemble, appuyée par deux ministères. En mai-juin 2026, Laurent Nuñez et Jean-Pierre Farandou ont réuni les partenaires sociaux autour de la régularisation par le travail ; employeurs comme organisations de salariés ont plaidé pour un cadre plus praticable, chacun pour ses raisons : les entreprises veulent sécuriser des salariés déjà en poste dans des métiers sous tension, les syndicats veulent sortir des travailleurs de la zone grise où l'absence de titre nourrit l'exploitation.

Côté employeurs, l'enjeu est très concret : un salarié éligible à la régularisation par le travail est un salarié formé qu'on risque de perdre si le cadre disparaît. Notre guide régularisation métiers en tension côté employeur explique comment sécuriser la situation dès maintenant, à droit constant. Côté demandeurs, l'espoir d'un texte plus souple ne doit pas faire oublier une donnée de base : l'admission exceptionnelle au séjour reste, quel que soit le texte, une décision discrétionnaire du préfet — aucune circulaire, passée ou future, ne crée de droit à la régularisation.

Quel est le calendrier attendu ?

Réponse directe : l'échéance dure est le 31 décembre 2026, date d'expiration du L. 435-4 ; la publication de la circulaire est attendue fin 2026 pour un effet vers le 1er janvier 2027 — dans un contexte politique chargé, à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.

ÉchéanceCe qui se joueStatut au 12 juillet 2026
Été-automne 2026Concertation patronat-syndicats-ministères, arbitrages sur les listes et les critèresEn cours — orientations non contraignantes
Fin 2026Publication annoncée de la nouvelle circulaire de régularisationAnnoncée, non signée, non publiée
31 décembre 2026Expiration de l'article L. 435-4 du CESEDA (loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024, article 27) : fin du dispositif expérimental métiers en tensionCertain — inscrit dans la loi
~1er janvier 2027Entrée en application supposée du nouveau cadre, pour éviter un vide entre les deux dispositifsHypothèse de travail, non garantie
Avril-mai 2027Élection présidentielle : tout texte publié avant peut être modifié ou abrogé aprèsAléa politique majeur

Une circulaire se signe et se remplace vite : la circulaire Retailleau a abrogé la circulaire Valls du jour au lendemain, après 12 ans d'application.

Quels scénarios sont possibles pour 2027 ?

Réponse directe : trois scénarios réalistes — un cadre assoupli conforme aux annonces, une simple reconduction de la ligne Retailleau, ou un vide encadré où seule l'admission exceptionnelle au séjour de droit commun subsiste. Aucun n'est acquis :

ScénarioContenu possibleConséquence pour un demandeur
1. Circulaire « ouverture maîtrisée »Listes de métiers élargies, critères d'ancienneté ou de preuve assouplis, dispositif pérennisé par circulaireFenêtre plus large en 2027 — mais toujours au cas par cas, sans droit acquis
2. Reconduction stricteProlongation de la seule ligne Retailleau : 7 ans de présence pour la voie vie privée et familiale, exigences de langue et d'ordre public inchangéesLa voie « métiers en tension » disparaît sans équivalent : dossiers travail beaucoup plus difficiles
3. Vide encadréAucun texte nouveau au 1er janvier 2027 : retour au droit commun de l'admission exceptionnelle au séjour (articles L. 435-1 à L. 435-3 du CESEDA)Décision préfet entièrement discrétionnaire, sans grille travail dédiée — le scénario le plus incertain

Le fonctionnement de droit commun est détaillé sur notre page <a href="/france/admission-exceptionnelle-au-sejour-aes">admission exceptionnelle au séjour (AES)</a>.

Que faire en attendant la publication ?

Réponse directe : ne pariez pas sur un texte inconnu si vous êtes éligible au cadre actuel — le L. 435-4 s'applique jusqu'au 31 décembre 2026 et lui seul est certain. Plan d'action :

  1. Vérifiez votre éligibilité au dispositif actuelTrois conditions cumulatives : 3 ans de résidence ininterrompue, 12 mois d'activité salariée sur les 24 derniers mois, métier et région inscrits sur la liste des métiers en tension (arrêté du 21 mai 2025).
  2. Si les trois conditions sont remplies, déposez avant l'échéanceUn dossier éligible déposé sous un cadre légal certain vaut mieux qu'une attente sous un cadre hypothétique. Notre guide déposer avant le 31 décembre 2026 donne le rétroplanning complet, et celui du dossier en préfecture la liste des pièces.
  3. Si votre dossier est incomplet, consolidez-le au lieu de précipiterUn refus s'accompagne en principe d'une OQTF sous la circulaire Retailleau : mieux vaut réunir bulletins de paie et preuves de présence — et consulter un avocat en droit des étrangers — que déposer un dossier fragile. En cas de refus déjà notifié, voyez les recours possibles.
  4. Cas particulier des ressortissants algériensL'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 exclut le L. 435-4 ; la circulaire future n'y changera rien sur le plan juridique. Le pouvoir discrétionnaire général du préfet reste la seule voie — détails sur notre page régularisation des Algériens.
  5. Mettez en place une veille fiableSuivez les sources primaires (Légifrance, ministère de l'Intérieur, GISTI) plutôt que les rumeurs des réseaux sociaux, qui annoncent une « régularisation massive » à chaque cycle politique depuis 2012.

Quand cette page sera-t-elle mise à jour ?

Questions fréquentes

Qu'annonce la nouvelle circulaire de régularisation ?
Trois pistes issues des concertations de mai-juin 2026 : élargir les listes de métiers en tension, assouplir les critères de la régularisation par le travail, et pérenniser le dispositif par circulaire. Au 12 juillet 2026, rien n'est signé ni publié : seul le cadre actuel s'applique.
Qui pousse pour cette nouvelle circulaire ?
Patronat et syndicats ensemble, réunis par Laurent Nuñez (Intérieur) et Jean-Pierre Farandou (Travail), sur un constat partagé : la circulaire Retailleau a trop réduit la régularisation par le travail (−42 % d'admissions, 1 655 titres métiers en tension en 2025, moitié des dossiers non instruits).
Quel est le calendrier attendu ?
Publication annoncée fin 2026, effet supposé vers le 1er janvier 2027 — juste après l'expiration du L. 435-4 le 31 décembre 2026, inscrite dans la loi du 26 janvier 2024. L'élection présidentielle de 2027 constitue un aléa majeur : tout texte publié peut être modifié après.
Quels scénarios sont possibles pour 2027 ?
Trois : une circulaire d'ouverture maîtrisée conforme aux annonces ; une reconduction stricte de la ligne Retailleau sans voie travail dédiée ; ou un vide encadré où seule l'admission exceptionnelle au séjour de droit commun (L. 435-1 à L. 435-3) subsiste, entièrement à la discrétion du préfet.
Que faire en attendant la publication ?
Si vous remplissez les trois conditions du L. 435-4 (3 ans de présence, 12 mois de salaires sur 24, métier en tension), déposez avant le 31 décembre 2026 : c'est le seul cadre certain. Si votre dossier est fragile, consolidez-le et consultez un avocat — un refus s'accompagne en principe d'une OQTF.
Quand cette page sera-t-elle mise à jour ?
Le jour même de la publication de la circulaire, avec le texte intégral et les critères exacts comparés aux circulaires Valls et Retailleau. Aucun critère « 2027 » ne peut être invoqué en préfecture aujourd'hui : méfiez-vous des annonces de « régularisation massive » sur les réseaux sociaux.

Sources & transparence

Page mise à jour le 12 juillet 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.